Résumés des communications et posters > Par auteur > Rochelandet Fabrice

Les artistes / gestionnaires : regards croisés sur les friches culturelles du nord-est parisien
Yearime Castel Y Barragan  1@  , Hélène Morteau  1@  , Christophe Cariou  2, 1@  , Fabrice Rochelandet  1@  
1 : Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Université Paris III - Sorbonne nouvelle
2 : Université Paris-Sud - Paris 11
Université Paris Sud - Paris XI

Les friches culturelles connaissent une actualité considérable comme en témoigne les récents rapports sur le sujet : le rapport de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme d'Ile de France sur les opérations d'urbanisme temporaire en 2017, le Numéro spécial de l'Observatoire des politiques culturelles intitulé « Tiers Lieux : un modèle à suivre ? » paru en juin 2018 ou encore le rapport issu de la mission « Tiers-lieux et coworking : faire ensemble pour mieux vivre ensemble». En suivant les préconisations de ce dernier, l'Etat vient d'ailleurs d'annoncer un plan de soutien de 110 millions d'euros à ces tiers-lieux culturels. Ces lieux se trouvent ainsi parés de multiples vertus alors même que leur précarité croissante est régulièrement dénoncée : voir la Tribune du collectif Wonder parue le 10 octobre dans Libération, ou L'appel de cent personnalités pour sauver l'écosystème Darwin à Bordeaux paru dans le Monde le 11 octobre dernier.

 

La littérature académique a quant à elle étudié les friches culturelles sous différents angles depuis le début des années 2000. Lextrait (2001) propose la prise en compte de ces “Nouveaux territoires de l'art” dans les politiques culturelles et artistiques. Ambrosino et Andrès (2008) insistent sur le temps de veille des friches culturelles qui révèle les stratégies différenciées des acteurs. Andrès et Grésillon (2012) montrent à quel point la "friche" est progressivement devenue un enjeu - voir un archétype - des stratégies urbaines de régénération et des stratégies de "distinction" à l'international. Vivant (2006) montre dans quelle mesure les pratiques culturelles alternatives "off" ancrées dans ces lieux, participent aux dynamiques urbaines au même titre que la culture institutionnelle "in". Dumont et Vivant (2016) s'intéressent à la professionnalisation des collectifs d'artistes à la tête de ces lieux off. Une autre série de travaux portent sur l'urbanisme temporaire en soulignant son volet événementiel (Pradel, 2010), ou comment l'occupation temporaire des espaces vacants devient unau service des acteurs de l'immobilier (Pinard, thèse en cours).

 

Notre contribution vise à retracer les trajectoires de ces lieux en s'appuyant à la fois sur les artistes qui les fréquentent et les gestionnaires ou coordinateurs de ces lieux. Après avoir interrogé plus de 200 artistes, nous avons réalisé une cartographie des 300 lieux culturels qui comptent le plus en Ile de France (Cariou, Ferru et Rallet, 2018). Nous avons sélectionné onze de ces lieux localisés dans le nord-est parisien (notre espace d'intérêt) : Le Centquatre, Mains D'Oeuvres, le Shakirail, la Villa Belleville, DOC!, La Villa Mais d'Ici, le 6B, la Halle Papin, Les Instants Chavirés, le Wonder et Péripate. Nous avons alors conduit des entretiens semi-directifs et parallèles avec les gestionnaires et des artistes de ces lieux. Sans prétendre être ici exhaustif, nous montrons que les trajectoires des lieux s'expliquent entre autre par : (1) la trajectoire des artistes qui les fréquentent, (2) les choix de gouvernances dans le collectif qui gère le lieu; (3) le rapport du lieu à la temporalité et à la légalité, (4) l'expérience des gestionnaires, (5) des effets de concurrence inter lieux. Egalement, ces lieux contribuent à la formation de nouveaux intermédiaires pour faciliter leur gestion et leur financement ou leur programmation interdisciplinaire.

 



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