Pratiques de cueillette en ville : la santé au cœur des dents creuses de Cayenne (Guyane)
Marc-Alexandre Tareau  1, *@  , Marianne Palisse  1@  , Lucie Dejouhanet  2@  , Guillaume Odonne  1@  
1 : UMSR LEEISA
2 : Laboratoire AIHP-GEODE, EA 929, Université des Antilles  (Archéologie Industrielle, Histoire, Patrimoine - Géographie, Développement, Environnement de la Caraïbe)
EA 929 AIHP-GEODE Faculté des Lettres et Sciences Humaines Campus de Schoelcher BP 7207 97275 Schoelcher Cedex -  Martinique
* : Auteur correspondant

Dans les grandes villes du Nord et des Suds, le nombre de « cueilleurs urbains » est en augmentation et les pratiques de collecte de plantes et de fruits dans les espaces verts et les friches urbaines se font plus fréquents (Poe et al., 2013 ; Paddeu, 2016 ; Wehi & Wehi, 2010 ; Ceuterrick et al., 2008 ; Landy et al., 2017). En Guyane française, l'urbanisation rapide concentre dans les zones urbaines des populations d'origines diverses, venues avec leurs connaissances phytothérapeutiques et leurs pratiques de santé, parmi lesquelles la collecte de plantes occupe une place encore importante, s'adaptant aux contraintes du milieu urbain (Tareau et al., 2017, 2018, 2019 ; van Andel & Carvalheiro, 2013).

Ce poster vise à illustrer ces pratiques de cueillette au sein de l'agglomération cayennaise, en préciser les formes et les lieux et donner à voir des pratiques souvent invisibles et qui pourtant contribuent aux dynamiques d'appropriation de l'espace urbain par les populations et à la construction des territoires urbains. Dans ces lieux de cueillette, les espaces en friche composent des espaces privilégiés pour la pousse et la collecte des plantes, réceptacles de biodiversité accessible en plein centre-ville. Dents creuses dans l'espace urbain, ces friches sont perçues comme des espaces à aménager par les urbanistes et dans les projets de rénovation urbaine. Ce poster interroge cette approche des friches urbaines à la lumière de l'importance de la nature qui s'y trouve en termes de santé publique – pour des populations qui n'ont pas toutes accès aux services de santé –, et de bien-être des populations vivant en ville.

Références :

Ceuterick, M., Vandebroek, I., Torry, B., Pieroni, A., 2008. Cross-cultural adaptation in urban ethnobotany: The Colombian folk pharmacopoeia in London. J. Ethnopharmacol. 120, 342-359.

Paddeu F., 2016. Les ruines de Détroit, fléaux et opportunités de la décroissance urbaine ? Vers une éthique politique de la ruine. Frontières 28(1).

Poe, M.R., McClain R.J., Emery M., Hurley P., 2014. Urban Forest Justice and the Rights to Wild Foods, Medicines, and Materials in the City. Human Ecology, 41(3): 409-422.

Tareau, M.A., Palisse, M., Odonne, G., 2017. As vivid as a weed... Medicinal and cosmetic plant uses amongst the urban youth in French Guiana. J. Ethnopharmacol. 203, 200–213.

Tareau, M.A., Odonne, G., Fozzani, J., Palisse, M., 2018. Pratiques de cueillette urbaine des plantes médicinales dans l'île de Cayenne. Habiter la ville ou la fabrique de la cité vol 2. France, Presses Universitaires de Rennes.

Tareau M.A., Dejouhanet L., Odonne G., Palisse M., 2019. Penser la cueillette de plantes médicinales dans des sociétés en transition : le cas guyanais. Echogéo 47.

Van Andel T., Carvalheiro L.G., 2013. Why Urban Citizens in Developing Countries Use Traditional Medicines: The Case of Suriname. Evid. Based Complement. Alternat. Med. 2013, 1–13.

Wehi P. M., Wehi W. L., 2010. Traditional Plant Harvesting in Contemporary Fragmented and Urban Landscapes. Conserv. Biol. 24: 594–604.


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